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Discussion: diaboliquement chinois ...

  1. #61
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    La Chine pose un premier pied en Arctique
    Par Les Echos | 15/04 | 17:24
    La Chine et l'Islande ont signé un accord de libre-échange lundi. L'Empire du Milieu souhaite jouer un rôle plus important dans la région Arctique et a demandé le statut d'observateur au sein du Conseil de l'Arctique.
    Islande-Chine - AFP

    Islande-Chine - AFPA l'issue de six ans de négociations, l'Islande est devenue lundi le premier pays européen à signer un accord de libre-échange avec la Chine qui souhaite développer ses relations avec la région de l'arctique. L'accord a été signé lors d'une visite à Pékin du Premier ministre islandais Johanna Sigurdardottir. 'C'est un événement déterminant dans les relations sino-islandaises', a déclaré le Premier ministre chinois Li Keqiang. 'Cela témoigne de l'approfondissement de nos relations, spécialement économiques, qui se trouvent ainsi portées à de nouveaux sommets', a-t-il ajouté.

    'Nous avons entretenu une relation très solide par le passé, et nous la renforçons depuis quelques années,' a affirmé le ministre islandais des Affaires étrangères et du Commerce Extérieur Ossur Skarphedinsson. L'Islande est le premier Etat européen à avoir reconnu le statut d'économie de marché à part entière de la Chine. 'En tant que petite nation, nous admirons la Chine, parce qu'elle ne traite pas les autres nations en fonction de leur taille. La Chine a toujours respecté l'Islande malgré la différence de nos tailles.' A-t-il renchéri. Le diplomate a également remercié la Chine pour son soutien indéfectible par le passé. 'Récemment, en 2008, lorsque notre système bancaire s'est effondré, nous n'avions pas beaucoup d'amis, mais la Chine a offert un généreux accord d'échange de devises,' a-t-il dit. 'Le fait que la Chine croyait en l'économie islandaise, ça, c'est très important!'

    Les enjeux de cet ALE dépassent aussi le seul territoire islandais. La Chine souhaite jouer un rôle plus important dans la région arctique et a demandé le statut d'observateur au sein du Conseil de l'Arctique, un groupe de huit pays, y compris l'Islande, qui se réunit régulièrement pour discuter des questions liées à cette région.

    Une entrée sur la route maritime du cercle polaire
    Les velléités d'un magnat chinois de l'immobilier d'acheter 300 kilomètres carrés de terres en Islande -malgré la loi qui interdit la vente de terres à des étrangers-avaient suscité une forte controverse avant d'être bloquées par les autorités de Reykjavik en 2011. Cet ancien cadre des ministères de la propagande et de la construction chinois était soupçonné d'agir en sous-main pour son gouvernement, afin d'acquérir un pan de terre sur la route maritime du cercle polaire -une route encore bloquée par les glaces, mais qui pourrait s'ouvrir dans les années à venir sous l'effet du réchauffement climatique. Pouvoir emprunter cette route aurait permis à la Chine d'économiser des milliards dans les transports maritimes entre l'Asie et l'Europe.

    LES ECHOS

    APPRENDRE LA BOURSE ...

    WIKIBOURSE FORMATIONS WEBINAIRES


  2. #62
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    Le laboratoire grec

    Modèle social chinois au Pirée
    Pressé par ses créanciers, le gouvernement grec compte privatiser plusieurs ports. Au bénéfice du groupe chinois qui opère au Pirée depuis 2010 ?

    par Pierre Rimbert, février 2013
    Au début des années 1840, la Grande-Bretagne force à coups de canon l’accès aux ports chinois. L’empire du Milieu lui avait fermé Canton afin de juguler le trafic d’opium organisé par les Britanniques. Les canonnières anglaises contraignent l’empereur Daoguang à signer, le 29 août 1842, le traité de Nankin : la Chine ouvre cinq ports et cède Hongkong à la Couronne. Au terme d’un second conflit (1856-1860), le commerce de l’opium sera légalisé, et la souveraineté chinoise un peu plus rabotée. Les manuels d’histoire ont immortalisé les accords issus de ces guerres de l’opium sous le nom de « traités inégaux ».

    « Cosco go home ! » Le 24 novembre 2008, le slogan orne la banderole des dockers grecs du Pirée, qui défilent à Athènes contre la signature d’un contrat octroyant à la China Ocean Shipping Company (Cosco), premier armateur chinois (contrôlé par l’Etat), la gestion d’une partie du plus grand port hellénique. Paraphé en présence du président chinois Hu Jintao, l’accord concède à Cosco le contrôle pour trente-cinq ans de deux des trois débarcadères à conteneurs du Pirée. L’opérateur s’engage à moderniser les installations et à verser à la société portuaire publique, encore gérante d’un terminal, une redevance annuelle dont les échéances cumulées s’élèveraient à 832 millions d’euros.

    La crise financière mondiale bat son plein quand, en mars 2009, le Parlement grec dominé par Nouvelle Démocratie (droite) ratifie l’accord, non sans l’assortir d’exonérations de cotisations sociales et d’allégements fiscaux au profit de Cosco. Comme le notent deux chercheurs, ces dispositions « ont suscité une perplexité d’autant plus grande que l’autorité du port du Pirée [la société publique qui gère encore le terminal numéro un] n’en bénéficie pas. On peut se demander si la concurrence entre les deux entités sera juste (1) ». En termes moins diplomatiques, les salariés du port public accusent le gouvernement d’accorder à Cosco des « exemptions fiscales de style colonial » (Lire « Piraeus Faces Dock Strikes », The Journal of Commerce, 18 février 2009).

    Si les investissements chinois s’avèrent indubitablement plus pacifiques que les canonnières anglaises, le tête-à-queue historique qui pousse l’empire du Milieu à prendre pied sur les rivages du Vieux Continent n’a pas échappé aux syndicalistes. Situé sur l’« autoroute » maritime Asie-Europe, non loin du canal de Suez par où transitent les porte-conteneurs géants, le port du Pirée compte au nombre des infrastructures stratégiques : il ouvre aux produits chinois une nouvelle porte d’entrée européenne, tout en offrant une plate-forme de transbordement idéale pour les marchandises asiatiques destinées à la Turquie et aux pays riverains de la mer Noire. Et, depuis l’arrivée de Cosco, c’est aussi un laboratoire social…

    « Ils voulaient la belle vie, plus de vacances et moins de travail »
    Opérationnel depuis juin 2010, le terminal géré par l’armateur chinois enchante la presse par ses performances autant que par la personnalité de son très médiatique directeur général, le capitaine Fu Cheng Qiu. Avec un million de conteneurs transbordés en 2011, la concession chinoise surpasse l’activité d’avant-crise, et la mise en service du second débarcadère multiplierait le flux par plus de trois entre 2013 et 2015. Pareille efficacité repose sur un combat de chaque instant contre les vices que M. Fu impute aux travailleurs corrompus par l’Etat social : « Ils voulaient la belle vie, plus de vacances et moins de travail » (lire « Under Chinese, a Greek Port Thrives », The New York Times, 10 octobre 2012).

    Remplacement des dockers syndiqués par du personnel sans statut et payé moitié moins, non-respect des accords collectifs, baisse des pensions de retraite, défaut de formation professionnelle, temps de pause réduit, licenciement d’ouvriers protestant contre l’insécurité au travail, réduction des équipes de portiqueurs de neuf à quatre personnes, heures supplémentaires sans majoration : le terminal Cosco fonctionne désormais avec deux cent soixante-dix permanents, dont sept Chinois, auxquels s’ajoutent plusieurs centaines de travailleurs intérimaires, souvent mal formés, recrutés auprès d’un sous-traitant qui les prévient par SMS quelques heures avant l’embauche au gré des besoins du jour. Les syndicats ? « N’en parlons pas, tranche M. Fu. Il vaut mieux ne pas aller trop loin dans ce domaine (…). Je vous l’ai dit, nos employés sont heureux (2). »

    A quelques mètres de distance, le terminal public et ses mille trois cents salariés à statut subissent la concurrence de cet avant-poste de la « modernité » sociale. Le coudoiement des deux offre un observatoire quasi expérimental de la délocalisation de l’intérieur : plus besoin de déplacer les industries vers l’Asie quand il suffit d’en importer les normes sociales.

    On aurait tort, toutefois, de s’en tenir à l’image d’une Chine imposant à une Europe réticente le ratatinage de ses conquêtes sociales. Au Pirée, les dirigeants de Cosco devancent à peine les exigences de deux acteurs centraux du jeu politique grec : le puissant lobby des armateurs et la « troïka » formée par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

    « Le modèle social chinois convient parfaitement au gouvernement grec, lequel convient parfaitement à la “troïka”, nous explique à Paris M. Tony Hautbois, secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks de la Confédération générale du travail (FNPD-CGT). C’est elle qui demande et commande à Athènes de privatiser et d’attirer les industriels chinois. » En 2003, puis en 2006, deux projets de libéralisation des activités portuaires visant à court-circuiter les dockers ont été repoussés par le Parlement européen à l’issue d’une forte mobilisation sociale. Vice-président de la Commission et commissaire au transport, M. Siim Kallas prépare un troisième « paquet portuaire » en pestant contre « une réglementation du travail contraignante et des régimes non concurrentiels (3) ». Au Portugal, la loi portuaire votée en 2012 sous la pression de la « troïka » exauce ses vœux en retirant aux dockers une partie de leurs prérogatives.

    Armateurs, eurocrates et investisseurs comme larrons en foire
    En accostant au Pirée, le capitaine Fu disposait d’un autre cheval de Troie : les armateurs grecs, maîtres de la première flotte de commerce du monde, spécialisée dans les minéraliers et pétroliers. Ils partagent avec Pékin certains intérêts. D’un côté, leurs navires alimentent l’appareil productif chinois en matières premières et en énergie. De l’autre, les chantiers navals de Dalian, Shanghaï ou Canton usinent une part croissante de leurs vaisseaux. Dopés par la croissance chinoise, les armateurs ont vite restauré leurs marges après la crise financière. Priée par le gouvernement de soutenir l’économie locale, cette oligarchie trouve dans les exigences de la Commission et le management du capitaine Fu deux solides appuis à ses propres projets de déréglementation. Comme l’explique avec gourmandise le Wall Street Journal (7 décembre 2012), « pour persuader les magnats de la marine d’investir dans des sociétés grecques, il faudra d’abord les convaincre que le marché intérieur correspond au milieu qui les fait prospérer : ouvert à la concurrence et dépourvu de réglementation asphyxiantes ». Cosco y veille. Alors qu’Athènes, pressée par la « troïka », se prépare à privatiser l’ensemble du port, se souvient-on que les guerres de l’opium et leurs « traités inégaux » avaient provoqué en Chine la révolte des Taiping (1851-1864), un puissant soulèvement populaire aux accents égalitaristes ?

  3. #63
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    Nouvel épisode dans la tentative chinoise de contrôler l'ensemble de la chaîne des matières premières : le rachat de la branche "matières premières" de la banque française Natixis. L'acquéreur est l'un des plus gros courtiers de produits financiers, GF Futures, filiale de GF Securities, coté à Shenzhen. Et selon le Financial Times, l'affaire se serait conclue fin juillet autour de 40 millions de dollars (30 millions d'euros).
    Exerçant depuis Londres, Natixis Commodities Markets (NCM) est surtout actif sur les marchés des métaux industriels. Vétéran du marché des métaux de base, le London Metal Exchange (LME), NCM en est membre depuis 1970, quand il a intégré le "ring" des traders sous le nom de Sogemin, qui était alors une filiale de l'Union minière belge.

    HONGKONG EN POLE POSITION SUR LES MÉTAUX

    L'annonce du rachat chinois intervient le même jour que l'ouverture de négociations avec les syndicats concernant un redéploiement des forces de la banque et alors que la presse a évoqué jusqu'à 700 suppressions de postes. La branche "matières premières" de NCM aurait encore, selon son site, des équipes à New York, Tokyo et Hongkong, mais l'intérêt principal de cette acquisition réside davantage dans son implantation sur le marché.

    Le principal marché financier de Hongkong a racheté l'an dernier le LME, une acquisition qui confirme l'intérêt de l'empire du Milieu pour le secteur.

    La Chine assure déjà, grâce à ses importations géantes, son approvisionnement dans les matières non disponibles sur le sol chinois (au point qu'elles font la pluie et le beau temps sur les cours du maïs, du cuivre ou du charbon et sur la santé des pays exportateurs). Et il y en a peu (dans les matières agricoles) : le pays est, selon les Nations unies, le premier producteur mondial de blé, de thé, de riz, de coton, de melons, de choux-fleurs et de brocolis, de tomates, d'épinards, de miel, d'ail...

    UN BOULEVARD POUR LES BANQUES CHINOISES

    Concernant les métaux, la Chine est riche en "terres rares", ces minerais indispensables à la fabrication de nombreux produits de haute technologie (ampoules basse consommation, disques durs, téléphones portables, éoliennes, voitures hybrides...), pour lesquels des quotas d'exportation en hausse ont été fixés le mois dernier.

    Ce qui lui manque, ce sont les métaux industriels (plomb, aluminium, étain, etc.), les métaux précieux (or, argent, platine et palladium) et les minerais indispensables à son industrialisation que sont le fer et le charbon. Sans oublier la logistique inhérente à la chaîne des matières premières : le fret, le stockage, le courtage... Autant d'étapes où se disputaient encore il y a peu les spécialistes, les négociants et les banques, appâtées par les profits du secteur.

    Or, les grandes banques occidentales laissent désormais un boulevard à leurs concurrentes chinoises, délaissant les matières premières en raison d'une législation de plus en plus contraignante aux Etats-Unis et en Europe et du poids des amendes liées aux manipulations dont elles sont reconnues coupables. Barclays et Morgan Stanley ont d'ores et déjà réduit leurs effectifs, tandis que JPMorgan a annoncé à la fin du mois de juillet qu'il comptait se séparer de ces activités, laissant encore de nombreuses pépites à saisir.
    Un courtier chinois engloutit l'activité matières premières de Natixis

  4. #64
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    Quand la Chine s'entiche du made in France
    par Geoffrey Marain-joris
    Journaliste


    Vignobles, aéronautique, biomédical, coopératives laitières… En France, la Chine ne courtise pas seulement les grands groupes cotés, mais aussi des PME de niche, à fort potentiel de croissance. Souvent ravies d'être passées sous pavillon chinois.

    Un consortium chinois à la tête du sixième aéroport français ? Le scénario n'est plus à écarter, puisque l'alliance formée par le fonds d'investissement Shandong High-Speed, l'aéroport de Shenzen et des investisseurs canadiens est l'un des derniers candidats en lice pour l'ouverture du capital de Toulouse-Blagnac. Les hôtels Campanile, Première Classe, et Kyriad sous pavillon chinois ? C'est chose faite depuis le rachat annoncé, il y a dix jours, de Louvre Hotels Group par le fonds Jin Jiang International. Le retentissement donné à chaque dossier de ce genre, et les polémiques qui les accompagnent, pourraient laisser croire à une véritable vague d'investissements chinois dans l'Hexagone. La « menace », si c'en est une, doit être relativisée. Car, à ce jour, la Chine pèse seulement 1 % des investissements étrangers en France. Et si les médias se focalisent sur quelques opérations emblématiques, les acquéreurs chinois se positionnent souvent sur des PME tricolores, dont on parle peu, et dont ils assurent parfois la survie. Sur ce terrain, les derniers mois ont été riches en annonces, et pas seulement dans les vignobles français traditionnellement prisés par les millionnaires chinois en mal d'investissement : des encres pour emballage alimentaire (Brancher) aux propulsions Diesel pour bateaux de pêche (Moteurs Baudouin), en passant par la nutrition animale (Adisseo) ou encore le fabricant de carrés de soie lyonnais Marc Rozier, appelé à passer sous le contrôle du groupe textile Wensli en 2015.

    Les tribunaux de commerce sont un vivier privilégié pour trouver la perle rare. Ainsi, la société Lisa Airplanes, basée au Bourget-du-Lac (Savoie). Son objectif : commercialiser un prototype hybride, entre ULM et hydravion, capable de se poser, grâce à ses foils et ses ailes rétractables, sur un glacier comme sur un plan d'eau. En février 2013, elle est au bord du dépôt de bilan. Le sauveur est un jeune entrepreneur de vingt-neuf ans, qui a fait fortune dans les mines de potasse du Sichuan. « Sur les sept offres de reprise présentées au tribunal de Chambéry, trois étaient chinoises », se souvient Erik Herzberger, président et cofondateur de la société. Ce qui donne lieu à une lutte d'ego, sur fond de rivalité entre provinces. « Les deux autres candidats étaient un distributeur de Lamborghini, basé à Shanghai, et un investisseur immobilier de Pékin », détaille l'intéressé. Qui se félicite du respect de la parole donnée : « Le repreneur s'était engagé à ne pas délocaliser l'assemblage et la R&D. Il a tenu sa promesse. » L'entreprise de 17 salariés revendique aujourd'hui une centaine de précommandes de son appareil, à 300.000 euros pièce. Elle espère livrer ses premiers modèles fin 2015. Autre cas de figure : Air Marrel, basé à Saint-Chamond (Loire). En novembre dernier, le quatrième fabricant mondial de plates-formes de chargement de soutes d'avion était soufflé par le chinois CIMC, leader mondial du conteneur, au nez et à la barbe de deux repreneurs français, dont l'un avait le soutien de la Banque publique d'investissement (BPI). Le tribunal de commerce de Saint-Etienne avait alors jugé plus solide l'offre du mastodonte chinois aux 100.000 salariés.

    Argent frais, maintien de l'emploi

    Richissime particulier ou entreprise d'Etat, l'investisseur chinois n'est pas adepte de la casse sociale. Loin de son image « d'atelier du monde », le pays capitalise sur le savoir-faire made in France. « Sans ChemChina, nous ne serions plus là », affirmait en février 2014 à « La Croix » Jean-Michel Stein, délégué syndicat CGC à Bluestar Silicones. Depuis que le conglomérat chinois à acquis le fabricant de silicones industriels, en 2007, il a investi des dizaines de millions d'euros dans l'outil industriel. Les airbags et prothèses qui sortent des usines de Saint-Fons (Rhône) et Roussillon (Isère) sont plus compétitifs. « Et rien n'a changé au niveau opérationnel », se réjouit Jean Granjon, représentant CGT. Dans les vignes, la question des effectifs est moins problématique. « Pour un domaine de 40 hectares, vous avez 3 salariés à temps plein. 80 % du travail des vignes est mécanisé. Le reste, c'est du travail saisonnier, non délocalisable », analyse le fondateur de Vinéa Transactions, Michel Veyrier, qui vend des domaines viticoles.

    Autre moteur des investissements dans l'Hexagone : la production française « nourrit » le marché domestique chinois. Plus de 1,3 milliard de consommateurs potentiels. L'entreprise chinoise Synutra, spécialisée dans la nutrition infantile, a ainsi injecté 90 millions d'euros à Carhaix (Finistère). Objectif : étoffer le complexe local de production de poudre de lait (2 tours de séchage, 1 unité d'emboîtage). Chaque année, l'usine fabriquera 100.000 tonnes de lait en poudre. Soit 290 millions de litres de lait fournis par 1.000 producteurs bretons. Le tout acheminé par porte-conteneurs en Chine. Un accord gagnant-gagnant : les producteurs laitiers sécurisent un débouché, avant la fin des quotas laitiers européens, en 2015. Les Chinois, eux, veulent oublier le scandale des laits frelatés. Une priorité, alors que l'assouplissement du régime pour la politique du deuxième enfant devrait soutenir la courbe de natalité. Besoin identique pour le vin. « Mes clients cherchent une exploitation capable de produire un million de bouteilles par an. Une quantité spectaculaire, mais qui alimente seulement quinze points de vente chez eux », témoigne Michel Veyrier.

    Argent frais, interventionnisme modéré, maintien de l'emploi : sur le papier, l'investisseur chinois a tout pour séduire. Il y a tout de même parfois un hic : l'origine du cash. En 2013, Tracfin alertait sur les risques des montages financiers complexes, russes et chinois, dans le vignoble. En quête d'exemplarité, le président chinois Xi Jinping a accentué la campagne anticorruption de son prédécesseur. Une menace pour certaines grosses fortunes, qui s'efforcent de placer leurs capitaux au plus vite à l'étranger. Et pour cela, investir dans la pierre ou dans une usine est le moyen le plus efficace. Quitte à ce qu'après, les capitaux s'évanouissent pour se retrouver sur un compte suisse ou américain… Mais le subterfuge ne passe pas toujours inaperçu. En juin, Haichang, conglomérat implanté dans la cité portuaire de Dalian, était accusé par la « Cour des comptes » chinoise d'avoir acheté ses vignobles du Bordelais avec de l'argent public… qui était censé financer l'acquisition de technologies étrangères.

    Tous les prospects chinois ne se valent pas. « Ils appellent souvent. On ne connaît ni leur nom ni leur activité. En revanche, ils veulent tout savoir du bien à acquérir », note Geoffroy Braichotte. Ce négociateur viticole s'est déjà cassé les dents à ce jeu de dupes. « En mai dernier, un Chinois s'est désisté la veille de la signature du compromis de vente, sans raison. » Depuis, Geoffroy Braichotte, prudent, attend le versement de l'acompte de 10 % sur le compte séquestre du notaire pour juger une offre chinoise fiable.

    Le secteur de l'immobilier est un autre moyen d'expatrier les capitaux. « Je suis mandaté par un fonds d'investissement chinois. Il veut acheter 5.000 m2 minimum, à Paris ou à la Défense. Le plus vite sera le mieux », souffle Xiao Lin Fu-Bourgne, avocate au cabinet Bignon Lebray. Des deals chinois qui avortent, sur fond d'opacité ? Les précédents abondent. En 2013, une offre chinoise sur l'américain ILFC, plus gros loueur d'avions au monde, échoue. Le consortium d'investisseurs chinois, mêlant public et privé, voulu par Pékin, ne verra jamais le jour. L'immixtion de l'Etat, spécialité locale, peut être un puissant levier, comme enfanter une usine à gaz…

  5. #65
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    Obstacles culturels

    Au placement financier suspect peut s'ajouter le revirement stratégique brutal. Au printemps dernier, le géant chinois de la transformation de tomate Chalkis lâche Le Cabanon, une coopérative agricole du Vaucluse. En 2004, le repreneur s'était engagé à utiliser 60.000 tonnes de tomates locales. Le site a en fait servi à écouler du concentré de tomate… produit en Chine. Avant que le retournement du marché ne bouscule ses plans. Depuis, Le Cabanon a été repris par un opérateur… portugais. Autre exemple douloureux : Plysorol, ex-leader européen du contreplaqué okoumé, basé à Lisieux (Calvados). Deux sociétés chinoises avaient promis d'investir 20 millions d'euros. Mais les fonds ont été injectés… au Gabon, lieu de plantation du précieux bois équatorial. L'usine de Lisieux a dû fermer.

    Troisième écueil : la barrière culturelle. Ces codes et rites de politesse déroutants pour le profane. La langue, d'abord. « On voit l'acheteur une fois ou deux, avant la vente, avec son photographe, son chauffeur et son interprète. Il parle mandarin, pas anglais. L'échange direct est impossible », raconte Geoffroy Braichotte. Les us et coutumes, ensuite. « J'étais à deux doigts de signer un contrat. Il a échoué parce que mon vendeur avait 4 représentants, mon acheteur chinois seulement 3. Il s'est senti en position d'infériorité », rapporte Michel Veyrier. Ce qui n'empêche pas la cordialité. « Ces journées marathon, qui peuvent commencer par un tour du lac d'Annecy en avion, avant plusieurs réunions. Au Sichuan, ils nous invitent au restaurant. Les repas sont festifs, interminables. Les chauffeurs, précieux pour retrouver l'hôtel », sourit Erik Herzberger.

    Dernier obstacle, réglementaire, côté français. « Les Chinois ne comprennent pas qu'il faille dix-huit mois pour obtenir un permis de construire. Cela les gêne plus que les 35 heures ou le coût du travail », précise Myriam Debes, responsable des partenariats à Erai, bras armé de la région Rhône-Alpes pour son développement économique à l'international. La passe d'armes administrative peut virer au dialogue de sourds. « Un acquéreur chinois voulait acheter un chemin communal qui passait par ses vignes. Une servitude de passage, incessible. Il n'a pas compris pourquoi il essuyait un refus », se souvient Michel Veyrier. Autant d'obstacles que le gouvernement prend au sérieux. Lors de sa visite d'Etat à Pékin, en avril 2013, François Hollande avait tenu à lever « tous les freins » à l'investissement chinois dans l'Hexagone, pourvu qu'ils créent « de l'emploi et de l'activité ». Une condition, dans les faits, pas toujours facile à remplir…
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    France: inquiétude après l'achat de terres agricoles par un mystérieux groupe chinois
    AFP le 14/04/2016 à 08:22
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    "Ils vont voir l'exploitant au bord de la faillite et lui demandent combien il a de dettes". ( AFP/Archives / GEORGES GOBET )

    L'acquisition par une société chinoise de 1.700 hectares de terres agricoles dans l'Indre, au cœur du bassin céréalier français, provoque l'inquiétude des agriculteurs du Berry et des autorités chargées de l'aménagement rural.

    "Un fonds de gestion chinois basé à Hong-Kong a acheté depuis un an trois exploitations céréalières", soit 1.700 hectares dans le département, a indiqué mercredi à l'AFP le président de la FDSEA de l'Indre, Hervé Coupeau, confirmant une information révélée par le Journal de l'environnement.

    Selon lui, le fonds en question est représenté par un gérant français.

    "Ils vont voir l'exploitant au bord de la faillite et lui demandent combien il a de dettes. Puis ils demandent que l'exploitation passe en Société agricole (SA) et rachètent 98% des parts", raconte-t-il.

    Le but de cette entreprise aujourd'hui "est d'acquérir des terres pour les exploiter" et non pour les mettre en fermage, assure à l'AFP Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer (Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural), organisme rattaché au ministère de l'Agriculture.

    Selon le Figaro, le Fonds chinois, dénommé Hongyang, est spécialisé dans les équipements pour station-service d'après son site internet.

    Pour Emmanuel Hyest, c'est le signe d'une "financiarisation de l'agriculture", avec "un fonds qui investit là où il pense que ça va être le plus rentable", un "phénomène important et nouveau" en France, mais qui fait l'objet de "grandes manoeuvres au niveau mondial", notamment en Afrique et en Asie du Sud-est.

    Ces acquisitions présentent plusieurs inconvénients du point de vue de la profession.

    D'une part, l'entreprise a payé l'hectare, estimé à 4.000 euros dans le département, "beaucoup plus cher que le prix du marché", ce qui implique un "vrai risque de déstabilisation", explique le président de la FNSafer, qui évoque un doublement par rapport à la valeur réelle.

    D'autre part, cela leur permet de passer sous le radar de la FNSafer car celle-ci est notifiée de toutes les terres agricoles qui sont en vente afin de pouvoir exercer si nécessaire son droit de préemption quand le projet le nécessite, mais seulement quand elles sont détenues en direct.

    - une martingale -

    Or, une faille a été découverte il y trois ou quatre ans: elle rend possible la vente d'une partie des parts sociales détenues dans une société d'exploitation agricole comprenant des terres.

    "On est notifié, mais on ne peut intervenir que si 100% des parts sont vendues", explique M. Hyest.

    "Ni la commission des structures, ni la Safer ne disposent des moyens juridiques pour s'assurer que le projet d’acquisition répond bien aux objectifs des politiques publiques", s'est émue la FNSafer, dans un communiqué.

    Ce n'est pas la première fois que cette martingale est utilisée, "mais c'est la première fois que des acteurs étrangers, en l’occurrence des Chinois, l'utilisent et sur une surface très importante".
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    En mer de Chine méridionale, le petit archipel des Spratleys est au coeur des tensions. Revendiquées par la Chine, Taïwan, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et le sultanat de Brunei, ces zones pourraient être riches en hydrocarbures. Chacun entretient donc à grands frais de petites garnisons sur ces écueils et îlots coralliens dénués d'eau douce. Ce qui donne régulièrement lieu à des situations frôlant l'acte de guerre lorsque des navires militaires rivaux se croisent et s'intiment réciproquement l'ordre de quitter ce qu'ils considèrent comme leurs eaux territoriales.

    Une sorte d'équilibre s'était installé... jusqu'à ces dernières semaines. Comme l'a expliqué il y a quelques jours David Shear, secrétaire adjoint américain à la Défense chargé de la zone Asie-Pacifique, "les récentes évolutions suggèrent des changements troublants dans le statu quo". Langage diplomatique, quand tu nous tiens : l'homme explique que l'équilibre de la région est franchement menacé et que cela pourrait déboucher sur un conflit armé à grande échelle, impliquant non seulement les pays revendicateurs mais aussi leurs alliés dans le monde et, bien sûr, les États-Unis.

  8. #68
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    En mai 2015, des images satellites avaient dévoilé que la Chine construisait des îles artificielles en s'appuyant sur de simples récifs (que le droit international interdit de réclamer) en mer de Chine et notamment autour de l'archipel contesté des Spratleys. Un an et demi plus tard, les travaux ont largement progressé et l'armée chinoise vient d'installer ses premiers systèmes d'armes sur ces sept îlots contestés, mettant ses voisins devant le fait accompli. Revendiquées par la Chine, Taïwan, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie ou encore le sultanat de Brunei, ces zones sont d'intérêt militaire stratégique et pourraient, en outre, être riches en hydrocarbures.

    Les images satellites sont particulièrement parlantes pour le récif de Fiery Cross (photo, à gauche en 2014 et à droite en 2016), sur lequel une gigantesque piste d'atterrissage et des hangars ont été construits par la Chine à partir de presque rien. Des batteries anti-aériennes viennent d'y être déployées, rendant tout retour en arrière inimaginable. CNN qualifie ainsi la construction par Pékin d'un ensemble de « porte-avions impossibles à couler » grâce auxquels le gouvernement chinois compte bien contrôler ou interdire la circulation maritime dans la région.
    Les troupes américaines « prêtes à la confrontation »

    Dans le même temps, l'amiral Harry Harris, commandant des forces américaines dans le Pacifique (« US Pacific Command »), a tenu un discours très ferme : « Nous ne tolérerons pas que des zones maritimes partagées soient fermées. » S'exprimant le 14 décembre au Lowel Institute à Sydney, il a précisé que « la liberté de navigation est un principe intangible » et que ses troupes sont « prêtes à la confrontation si elle est nécessaire ».
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  9. #69
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    Selon les responsables de l'administration américaine, "la politique commerciale Chine a actuellement pour but principal d'acquérir et d'absorber la propriété intellectuelle des Etats-Unis et d'autres pays autour du monde".

    "La plupart des Américains savent que la Chine vole notre propriété intellectuelle, mais ce qu'ils ne savent peut-être pas est que la Chine force les entreprises américaines qui opèrent en Chine à transférer cette propriété intellectuelle".

    Les Etats-Unis visent notamment les "joint-ventures" (sociétés à risques partagés) avec des entités chinoises dont l'établissement est la condition sine-qua-non pour une entreprise étrangère voulant vendre ses produits en Chine. Cela permet également à leurs partenaires chinois de profiter de leur savoir-faire technologique.

    Les entreprises américaines, à l'unisson de leurs homologues européennes, dénoncent depuis longtemps cette législation chinoise.

    "La Chine finance et facilite également l'achat d'entreprises américaines qui possèdent des technologies innovantes", ont accusé les responsables de l'administration américaine samedi.

    "Si les Américains continuent de voir leurs meilleures technologies et leur propriété intellectuelle volées ou transférées de force à l'étranger, les Etats-Unis pourront difficilement maintenir leur rôle dominant et rester l'une des économies mondiales les plus innovantes", ont-ils encore affirmé.

  10. #70
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    Le Pirée, port d’entrée de la Chine en Europe

    « Nouvelles routes de la soie » 7|8. Le port grec, racheté par Pékin, reçoit les cargos en provenance de Shanghaï.

    LE MONDE | 12.08.2017 à 10h24 • Mis à jour le 12.08.2017 à 10h37 | Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

    Des sons insolites, une musique emplie des aigus du erhu et de la douceur du pipa – des instruments traditionnels chinois –, emplissent la scène du théâtre municipal du Pirée, ce soir d’été grec. Devant un public composé de toute l’intelligentsia politico-économique du pays, les musiciens de l’Orchestre de Shanghaï célèbrent l’année d’échanges culturels annoncée en mai par Pékin et Athènes.

    Un grand moment de communion ? Pas tout à fait. « C’est tout de même très spécial, non ?, glisse à son compagnon une jeune Grecque apprêtée. On reste pour le cocktail ou on part à l’entracte ? » Regard noir de l’homme : pas question de déserter le terrain ! Car la grande majorité du parterre composé d’hommes d’affaires est moins là pour goûter aux subtilités de la musique que pour parler affaires.

    La soirée est subventionnée par Cosco Shipping, le numéro un chinois et le cinquième groupe mondial de transport et de logistique maritimes. La compagnie est surtout aux commandes de l’Autorité portuaire du Pirée (APP) depuis l’été 2016 : elle a finalisé l’achat, en deux temps, de 67 % de son capital (51 % immédiatement et 16 % après cinq ans), obtenant ainsi la gestion des activités de transports de containers et de passagers jusqu’en 2052.

    « Cosco est une entreprise publique chinoise, rappelle Georges Tzogopoulos, chercheur spécialiste de la Chine au Centre international d’informations européennes (Eliamep). A ce titre, elle est le bras armé de la stratégie déployée par le président Xi Jinping en 2013 pour créer une nouvelle route de la soie. Le port du Pirée est “la tête de dragon” de cette stratégie pour ce qui concerne la voie maritime. »

    Manne touristique

    Les énormes vaisseaux cargos en provenance de Shanghaï couvrent les quelque 14 590 kilomètres qui le séparent du Pirée en une vingtaine de jours en moyenne. Direction, les quais II et III du port de marchandises. Des terminaux de conteneurs...

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